Notre système éducatif vu par un artiste.

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Voici une vidéo qui vaut la peine. Prince Ea est un artiste qui publie sur youtube des vidéos très inspirantes. Je partage celle-ci simplement pour montrer que lorsque l’art se mêle à la politique, ça peut donner ce genre de chose… Il reprend beaucoup d’arguments intéressants. Je n’en dis pas plus, je laisse l’artiste s’exprimer ! J’adore ce type et vous ?

 

2 réflexions sur “Notre système éducatif vu par un artiste.

  1. Je l’ai vue cette vid, elle circule pas mal, mais elle me cassait un peu les burnes, malgré un message globalement positif. J’ai fini par trouver un comm expressif specifique… un commentaire pertinent et pas de moi:
    Cette vidéo me gêne aux entournures, certes c’est plus intuitif que déductif mais à force j’ai tendance à me méfier de beaucoup de choses.
    Tout d’abord, elle est trop parfaite, trop léchée, trop marketing, trop universaliste. Elle fait penser aux conférences TED.
    Présentée par une sorte de Will Smith en … costume cravate ce qui me semble non seulement a historique mais plus cet accoutrement représente pour moi les nouvelles chaînes de l’esclavage.
    Elle commence pour se parer des plus belles lettres de noblesse d’une citation d’une personne qui elle fut bien intuitive : Albert Einstein, dont bien des photos le montrent justement en face d’un tableau noir, technique d’éducation qui semble être primitive pour les auteurs de cette vidéo.
    Vidéo de toute évidence financée par Montessori et le Kahn Institute. Méthode Montessori qui même si ses techniques d’enseignement semblent louables n’est pas réputée pour son égalitarisme. Un enseignement de ce type coûte au moins 500€ par mois et sa diffusion n’est que très limitée justement à cause de son coût. Certains enfants seront donc avantagés par rapport à d’autres. Rappelons que Bill Gates est un ex de Montessori. Le Kahn Institute est lui financé par John Doerr, l’un des rois du capital risque américain. Certes la richesse n’exclut pas la possibilité d’être humaniste mais en douter n’est peut être pas une hérésie. Google a par ailleurs annoncé qu’il apporterait 2 millions $ à la Kahn Academy. Le but de cette multinationale est sans doute de ringardiser la salle de classe et de promouvoir la formation au travers d’un autre support : Internet. Bill Gates aurait dit à propos de cette initiative « Je dirais que nous avons déplacé environ 160 points de QI de la catégorie des fonds spéculatifs vers la catégorie enseignement au plus grand nombre avec effet de levier ». Alors que pourtant le QI n’est qu’une mesure de l’intelligence parmi tant d’autres.
    Certes, il ne faut pas être rétrograde, le progrès c’est bien mais lorsque l’on se réfère aux références du progrès citées par la vidéo sur le clip board du Will Smith on ne peut être que surpris. Apparaît d’abord une photo de la dernière version d’un smart phone, « outil » que nos jeunes utilisent à satiété et les a coupés du monde réel, puis celle d’une Lamborghini Aventador qui doit être le fantasme de certains (promoteurs de cette vidéo) et aurait remplacée avantageusement la carriole à cheval. Ensuite, pour appuyer ses dires la vidéo fait référence au système éducatif finlandais qui serait le parangon de l’éducation moderne. Il est amusant de constater que la société technologique la plus avancée de ce pays fut Nokia qui au bord de la faillite fut rachetée par Microsoft. Que ce système finlandais s’est fait remarquer pour ses excellents résultats aux tests PISA qui est d’abord, rappelons le, une invention de l’OCDE, pierre angulaire du capitalisme mondial, et qui ne permet de ne mesurer que 3 choses: les connaissances en mathématiques, les connaissances scientifiques et la capacité à lire. Dans ses premières versions, celles de 2000 à 2003, il contenait un 4ème critère bien plus important : la capacité à résoudre des problèmes aujourd’hui disparut…Certes ce sont là des compétences clés mais parcellaires dans un système éducatif qui se voudrait plus global. La vidéo met en avant pourtant l’importance de la danse, de l’art qui seraient tout aussi importants que les mathématiques.
    Elle oublie que la Finlande qui trustait les premières places dans toutes ces catégories jusqu’en 2006 a été dépassée depuis par des pays à régime plus autoritaire et moins bucoliques que la Finlande. Les premières places sont aujourd’hui occupées par la Corée du Sud, la Chine, le Japon où les enfants étudient des heures infinies tous les jours et sont soumis à de très nombreux devoirs. Le modèle finlandais qui lui n’impose pas de devoirs relèverait donc déjà du musée.
    Par ailleurs, le modèle économique finlandais qui il y a quelques années encore faisait figure d’élève modèle de l’Europe a montré ses failles. La croissance économique y avoisine aujourd’hui comme partout les 0%. Maarit Korhonen, professeur en Finlande et qui y a enseigné pendant 30 ans, critique d’ailleurs de manière acerbe les résultats du classement PISA. Elle affirme que le système finlandais, avec ses bons résultats, reste démodé et replié sur lui-même. Loin d’être hautement performant, le système éducatif finlandais est devenu l’esclave de la « folie » PISA, s’assurant de répondre parfaitement aux mesures, académiquement limitées, imposées par le classement, tout en laissant un nombre trop élevé d’apprenants en marge du système. Selon son analyse, 2 enfants sur 3, reçoivent une éducation formatée, trop académique. Ils travaillent de manière intensive sur un programme dépassé, en utilisant des manuels obsolètes. Les enseignants développent un modèle unique d’apprentissage pour tous les enfants. Même les filières de formation professionnelle ne sont pas assez soutenues et ne constituent pas une voie alternative équitable, selon elle.. En fait le modèle PISA serait tout à l’opposé de ce que semblerait défendre les promoteurs de cette vidéo. Vous avez dit incohérence ?
    Pour finir leur démonstration imagée, les promoteurs de la vidéo présentent une évolution historique de la salle de classe. Elle n’a pas changé, ce serait une incartade au… progrès. Mais est ce qu’un bâti a réellement changé sur 150 ans, 500 ans ? Une table, une chaise, un crayon,…. ?
    Certes, un des buts de l’école a toujours été de préparer les élèves à la société, au monde du travail de là à dire qu’elle a toujours cherché à fabriquer des ouvriers à la chaîne, il y a un pas.
    Les salles de classes ont quand même contribué à fabriquer aussi des Einstein, qui contrairement à ce que l’on dit n’était pas un cancre, des de Duve,…
    Encourager le travail collaboratif plutôt que la compétition est une bonne idée mais faut il une tablette et Internet pour ce faire; est ce que la salle de classe n’est pas le meilleur endroit, le meilleur outil pour pouvoir mettre cela en place ?
    Lever la main pour pouvoir prendre la parole serait lui aussi dépassé, ringard, frustrant. Mais dans les assemblées, même les plus anarchistes, c’est bien ainsi que cela fonctionne et n’est ce pas là la première marque de respect vis-à-vis de ses petits camarades ?
    L’enseignement devrait être individualisé, atomisé selon les promoteurs de la vidéo. Individualisme et atomisation sont les ressorts du capitalisme. Chacun pouvant avancer à son rythme et s’intéresser particulièrement aux matières qui les intéressent. Certes, Céline Alvarez a démontré que les élèves n’apprenaient bien que ce qu’ils aimaient, souhaitaient apprendre. Mais si on pousse ce raisonnement jusqu’au bout on arrive à une spécialisation féroce. Des classes de matheux, de scientifiques, de littéraires et de saltimbanques. On désagrège, on recrée dès le plus jeune âge une forme de division du travail, un autre ressort du capitalisme. Pire une division des compétences. Et comment dans ce cas assurer un travail collaboratif où un bon en math aide un autre qui a des difficultés en cette matière qui à son tour étant bon en langues peut lui rendre la pareille.
    Comment assurer dans pareil cadre une collaboration, on n’y favorisera par contre une émulation plutôt une compétition encore plus acharnée au sein d’une seule et même discipline. Le bon en math peut être mauvais en gym et donc percevoir sa valeur comme relative. Si le bon en math peut ne pas avoir de cours de gym pour préserver son temps afin de parfaire sa connaissance des seules math, il remarquera moins facilement qu’il est nul en gym et on créera des écoles de prodiges atrophiés.
    Si on supprime un tronc commun, une éducation généraliste, des humanités classiques que restera t il comme place pour les autres disciplines, celles qui ne sont pas considérées par PISA comme l’Histoire, la géographie, les langues anciennes, la philosophie, l’art, l’esprit critique,…. Si on ne donne pas les bases de ces autres connaissances à tous, comment par la suite pourront- ils éventuellement s’y intéresser ? Et puis on peut être très bon en math jeune et ne plus l’être par la suite. On peut avoir une aptitude particulière pour l’algèbre et la géométrie euclidienne mais être nul en équations différentielles et en théorie des ensembles. Alors ce bon en math initial se retrouvera être un cancre en tout plus tard ?
    Tronc commun ne veut pas dire nivellement par le bas. Formation identique ne veut pas dire que l’on brime les plus brillants. Rien n’empêche ceux-ci de poursuivre leur quête de savoirs en dehors des murs de l’école. Ce qu’il convient de faire c’est d’assurer une égalité des chances, la stricte égalité n’étant que chimère et cette égalité des chances ne peut être poursuivie qu’au sein d’une école publique gratuite non au sein d’instances élitiste et coûteuses.

    Voila voila… du bon, mais pas que du bon.

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